Le prince Philip, époux de la reine Elizabeth II, est mort

Le prince Philip est décédé à l’âge de 99 ans. La famille royale britannique a annoncé la triste nouvelle via son compte Twitter officiel et via un communiqué. “C’est avec un profond chagrin que sa majesté la reine annonce la mort de son époux le prince Philip, duc d’Édimbourg”, selon un communiqué de Buckingham, précisant que le prince Philip, qui avait été hospitalisé récemment, est mort “paisiblement ce vendredi matin au château de Windsor”.

Admis à l’hôpital le 16 février, le prince Philip avait subi une “intervention” pour un problème cardiaque. Il avait pu quitter l’hôpital le 16 mars dernier. Il avait déjà subi plusieurs hospitalisations depuis 2017, la dernière en date remontant à décembre 2019 pour “des problèmes de santé préexistants”.

Le prince Philip, né à Corfou le 10 juin 1921 avec les titres de prince de Grèce et du Danemark, a battu en 2009 le record de longévité des conjoints de monarques britanniques détenu par Charlotte, épouse de George III. “Mon premier, second et ultime emploi est de ne jamais laisser tomber la reine”, avait-il expliqué à son secrétaire particulier, Michael Parker, juste après son mariage, en 1947.

Un dévouement auquel Elizabeth II avait rendu hommage, confiant publiquement qu’il avait été sa “force” et son “soutien”. Et pourtant, le prince Philip s’est longtemps heurté aux arcanes policés de la famille royale britannique avec son tempérament autoritaire, mais aussi ses plaisanteries douteuses, voire des dérapages racistes.

Philip est né à Corfou le 10 juin 1921, avec les titres de Prince de Grèce et du Danemark. À 18 mois, son oncle, roi de Grèce, est contraint d’abdiquer et son père est banni du pays après la guerre gréco-turque. Avec ses parents et ses quatre sœurs, Philip fuit à bord d’un navire de l’armée britannique.

C’est le début d’une enfance solitaire et agitée, entre la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Sa mère, dépressive, est hospitalisée puis entre dans les ordres, tandis que son père part s’installer à Monaco. Philip, lui, est finalement envoyé en Écosse pour suivre sa scolarité dans un austère pensionnat. Il ne reverra sa famille qu’à de rares occasions.

À partir de 1939, il fait ses classes dans l’armée britannique, au Royal Naval College de Dartmouth (sud de l’Angleterre). Il y découvre sa vocation et y rencontre pour la première fois la princesse Elizabeth. Il a 18 ans, elle en a 13 et tombe sous le charme du beau militaire. Il sert dans la marine pendant la Seconde Guerre mondiale. Il se distingue rapidement et devient l’un des plus jeunes lieutenants de la Royal Navy, promis à une brillante carrière.

Il se fiance après la guerre à Elizabeth. Philip est d’abord vu d’un mauvais œil par les membres de sa belle-famille. “Ils le considéraient comme brutal, sans éducation et estimaient qu’il serait probablement infidèle”, a révélé Alan Lascelles, secrétaire personnel du roi Georges VI.

Mais “Lilibet” l’adore et leur union est célébrée le 20 novembre 1947. Philip doit renoncer aux titres qu’il avait reçus à la naissance, mais devient duc d’Édimbourg. Il obtient la nationalité britannique et adopte le nom -anglicisé – de sa mère, Mountbatten.

En 1952, la mort du roi George VI propulse Elizabeth sur le trône. Au cours de la cérémonie de couronnement, il fait le serment d’être “l’homme lige” de la reine, et devient à jamais le second de son épouse. Il est contraint de mettre un terme à sa carrière militaire, un déchirement. “C’était frustrant, je venais d’être promu commandant”, reconnaîtra-t-il plus tard. “La partie la plus intéressante de ma carrière navale venait seulement de commencer”. 

“Je ne sais pas combien de temps il va tenir, il est comme refoulé”, dira l’ex-roi de Yougoslavie. Mais animé par un grand sens du devoir, le prince Philip s’investit dans son nouveau rôle, jusqu’à devenir parrain de plus de 780 organisations, assumant notamment la présidence du WWF pendant quinze ans.

Volontiers ironique, il se construit une réputation de gaffeur, à coups de dérapages racistes et de blagues douteuses. Chef de famille quand son épouse est cheffe d’État, il entretient une relation notoirement compliquée avec l’aîné de ses quatre enfants, le prince Charles, souvent interprétée comme une répercussion de sa propre enfance, dénuée d’affection parentale.

“Charles est un romantique, je suis un pragmatique”, concède-t-il à son biographe Gyles Brandreth. “Cela signifie que nous voyons les choses différemment”. Mais la famille royale lui sait gré de son infatigable engagement en faveur de la monarchie. “Il est incroyable. Il a été présent toutes ces années, c’est notre roc”, avait salué sa petite-fille, la princesse Eugénie.

En janvier 2019, la Land Rover qu’il conduisait avait percuté un autre véhicule en sortant d’une allée du domaine de Sandringham et s’était renversée. Sorti indemne de l’accident, il avait renoncé à conduire.