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Faux Brad Pitt : après l’arnaque à 830 000 euros, Anne réclame des comptes à ses banques

L’affaire avait sidéré l’opinion publique. En janvier 2025, Anne Deneuchatel révélait à la télévision avoir été escroquée de 830 000 euros par un individu se faisant passer pour l’acteur américain Brad Pitt. Aujourd’hui, la quinquagénaire ne s’attaque plus seulement aux auteurs de l’arnaque : elle poursuit désormais ses banques, estimant qu’elles ont failli à leur devoir de vigilance.

Une relation virtuelle savamment orchestrée

Pendant près de deux ans, Anne était convaincue de vivre une histoire d’amour à distance avec la star hollywoodienne. En réalité, elle échangeait avec un escroc utilisant de faux documents d’identité et des images générées par intelligence artificielle pour crédibiliser son imposture.

Au fil des mois, les demandes d’argent se sont multipliées. Prétextes médicaux, frais d’opérations à l’étranger, urgences administratives : les scénarios invoqués étaient aussi spectaculaires que coûteux. Anne a effectué pas moins de 18 virements, pour un montant total de 830 000 euros.

Des virements aux intitulés surprenants

C’est précisément sur ce point que se concentre aujourd’hui son action en justice. Selon les informations révélées par le magazine Challenges, plusieurs transferts portaient des libellés particulièrement inhabituels, évoquant par exemple des opérations médicales ou des transplantations au nom de “William Bradley Pitt”.

Pour Anne, ces intitulés auraient dû déclencher des alertes internes. Elle reproche à ses deux établissements bancaires de ne pas avoir détecté l’anomalie de ces transactions répétées et d’un montant élevé, malgré leur caractère pour le moins atypique.

Une affaire qui a basculé dans le drame personnel

Au-delà de la perte financière, l’histoire a eu un lourd impact psychologique. Après la médiatisation de son témoignage, Anne affirme avoir subi une vague de moqueries et de harcèlement en ligne. S’en sont suivies une dépression et une hospitalisation.

Aujourd’hui, sa démarche judiciaire vise à obtenir une indemnisation partielle des sommes perdues. Elle estime que les banques auraient dû exercer un contrôle renforcé face à des virements aussi importants et inhabituels.

Une question plus large sur la responsabilité bancaire

Cette nouvelle étape judiciaire relance le débat sur la responsabilité des établissements financiers face aux escroqueries sentimentales, de plus en plus sophistiquées à l’ère de l’intelligence artificielle.

Si les victimes restent juridiquement responsables des virements qu’elles valident, la question de l’obligation de vigilance des banques se pose avec acuité : jusqu’où doivent-elles intervenir lorsqu’un client effectue des transferts inhabituels ?

En attendant les suites judiciaires, l’affaire rappelle une réalité inquiétante : derrière les faux profils glamour et les promesses romantiques se cachent parfois des réseaux organisés capables de manipuler leurs victimes pendant des mois.

 
 
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